En 2025, les réclamations adressées aux médiateurs bancaires ont atteint un niveau inédit, avec une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente. Certains établissements, traditionnellement considérés comme solides, figurent désormais parmi les plus contestés.
Pour dresser le palmarès des banques les plus décriées, il a fallu croiser les retours clients glanés sur Trustpilot, Google ou les sites spécialisés, mais aussi les données remontées par la Banque de France. Les clients reviennent sans cesse sur les mêmes tourments : frais imprévus, délais interminables, et une avalanche d’offres d’investissements « verts » qui laissent un goût amer tant elles paraissent éloignées des actes.
Panorama 2025-2026 : quelles banques françaises sont les plus mal notées par leurs clients ?
Les avis en ligne dressent un tableau impitoyable. Monabanq, Bunq et Revolut sont particulièrement visées pour des frustrations qui reviennent comme un refrain : service client difficile à joindre, frais bancaires mal expliqués, demandes qui s’enlisent. Délais de remboursement à rallonge, comptes bloqués du jour au lendemain, aucune explication, difficile, dans ce contexte, de croire encore aux promesses de simplicité affichées par ces banques. Le clinquant d’une carte gratuite ou d’une offre de bienvenue ne compense pas l’absence d’écoute ou les plafonds de paiement qui tombent sans prévenir.
Dans le camp des banques traditionnelles, la Banque Postale, BNP Paribas et Société Générale sont loin d’échapper à la colère de leurs clients. Multiplication des frais, erreurs dans la gestion des opérations quotidiennes, absence de soutien en cas de litige : les motifs d’insatisfaction abondent. Même Nickel, qui prétendait réinventer l’expérience bancaire, voit affluer les critiques, notamment pour des fermetures de comptes abruptes et un service client difficile à joindre.
| Banque | Motifs principaux de mécontentement |
|---|---|
| Monabanq | Service client, délais de traitement |
| BNP Paribas | Frais cachés, erreurs opérationnelles |
| Nickel | Fermetures de comptes, support difficile à joindre |
Les banques en ligne, qu’on présentait naguère comme des alternatives malines aux mastodontes, déçoivent à leur tour. Les clients réclament désormais plus que des tarifs affichés : des preuves de la sécurité de leurs dépôts, de vraies réponses lors d’un souci, et la certitude que les promesses de protection sont respectées. La méfiance s’est installée, portée par un besoin de respect, de clarté et de fiabilité qui reste encore insatisfait.
Pourquoi Société Générale, BNP et Crédit Agricole concentrent les critiques
Les principales banques de réseau, parmi lesquelles BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, se voient reprocher les mêmes travers : frais incompréhensibles, bureaucratie pesante, relation client qui vire à l’échange impersonnel. Les clients dénoncent la multiplication de prélèvements obscurs, butent sur des explications qui ne viennent pas et s’épuisent à obtenir réparation dès lors qu’un incident sort du cadre, virement international qui traîne, carte bloquée sans raison compréhensible, contestation ignorée.
La gestion des irritants bancaires devient un point noir. En cas de perte ou de vol de carte, la succession des interlocuteurs et la lenteur des réponses marquent les esprits, certains relatent une attente de plus d’une semaine simplement pour débloquer leur carte, et aucun conseiller ne prend véritablement la main sur le dossier.
Les retours client reviennent surtout sur ces trois axes :
- Tarification complexe et peu lisible
- Délais de traitement jugés excessifs
- Manque d’accompagnement lors des litiges
La question fiscale ajoute à l’incompréhension. Les révélations sur les profits relocalisés dans certains territoires laissent un sentiment de relégation chez ceux qui se sentent avant tout traités comme des sources de chiffre d’affaires.
Ce déséquilibre se nourrit de procédures rigides : le client a le sentiment d’être absorbé par la machine, d’attendre une présence humaine concrète mais de n’obtenir qu’un schéma préformaté, alors que la demande de transparence, d’écoute et de résolution n’a jamais été si forte.
Faux investissements verts : un facteur clé de défiance envers les banques
La finance « verte » a conquis le langage des banques françaises, qui multiplient les engagements et les campagnes de communication écoresponsables. Mais dans les faits, les rapports d’expertise révèlent depuis plusieurs années un double discours : tandis que les vitrines revendiquent le développement de produits durables, nombre d’établissements continuent à soutenir des secteurs polluants.
Cette contradiction ne passe plus inaperçue. BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole sont dans la ligne de mire pour le fossé persistant entre leurs engagements climatiques et la réalité de leurs portefeuilles d’investissement, qui demeurent orientés vers les énergies fossiles.
Les ressorts de la défiance
La défiance est alimentée par plusieurs constats concrets :
- Une absence de clarté sur la destination réelle des capitaux confiés
- Aucun critère fiable et partagé pour définir un « investissement vert »
- Des communications commerciales jugées trompeuses par bon nombre de clients
Dans la pratique, l’effet d’annonce prend souvent le pas sur la véritable vérification des engagements affichés. Les offres labellisées se multiplient, mais la traçabilité des fonds reste floue. Partout en Europe, ce grand écart entre le récit et les actes continue d’attiser la suspicion et encourage certains clients à envisager d’autres formes de gestion, plus transparentes et exigeantes.
Choisir une banque éthique : les critères à privilégier pour éviter les mauvaises surprises
L’éthique occupe désormais une place prépondérante dans le choix d’une banque. Entre espoirs déçus et désillusions, il n’est plus question de se contenter de la vitrine : il faut s’attarder sur des éléments concrets pour distinguer le discours des véritables pratiques.
En premier lieu, la question de la garantie des dépôts. En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) protège chaque titulaire de compte à hauteur de 100 000 euros par établissement. Se renseigner sur l’adhésion de la banque à ce dispositif rassure sur la sécurité des avoirs. Les contrôles réguliers de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) offrent un second niveau de repère, pour juger de la solidité de l’institution.
La diversité et la nature des produits commercialisés constituent aussi un indicateur. Les comptes épargne réglementés, tels que le LDDS ou le LEP, témoignent souvent d’une sensibilité à l’intérêt général. Mieux vaut aussi scruter la politique tarifaire qui s’applique en dehors des brochures : transparence sur les frais, plafonds clairement détaillés, accessibilité du service client. Des acteurs comme le Crédit Mutuel Arkéa ou la Banque Postale cherchent à sortir du lot, sans pour autant faire l’unanimité sur tous les critères.
Enfin, la façon dont les crédits sont distribués, le positionnement face aux circuits opaques et le choix de publier, ou non, des avis authentifiés pèsent dans la balance. Aujourd’hui, ouvrir un compte n’a rien d’anodin : derrière chaque carte bancaire, se joue un rapport au monde, une vision de la responsabilité et du lien social. Avant de signer, prendre le temps de sonder la mécanique interne d’une banque éclaire sur ce qui attend le client au quotidien : routine tranquille, confiance qui s’installe, ou prise de conscience salutaire.


