48 ans. Ce chiffre, qui sonnait naguère comme une frontière infranchissable pour la maternité, s’invite aujourd’hui dans les conversations de cabinets médicaux. La fertilité féminine, souvent résumée à une question de calendrier biologique, révèle à cet âge des contours bien plus nuancés que les simples statistiques ne le laissent entendre.
Si vous envisagez une grossesse et que vous avez reçu un diagnostic de faible réserve ovarienne, vous soupçonnez probablement que quelque chose ne va pas. Mais ne vous inquiétez pas. C’est un problème de plus en plus courant, en raison de la baisse de l’âge de la maternité. Cela peut affecter la fertilité, car le nombre d’ovocytes susceptibles de mûrir et d’être fécondés est inférieur au niveau considéré comme « normal ». Mais cela ne signifie pas que vous ne serez pas en mesure d’être une mère. Dans cet article, l’un des meilleurs experts européens dans ce domaine, Dr. Nikolaos Polyzos , qui travaille dans notre centre, répond à 10 questions fréquemment posées.
- Quelle est la cause ? L’âge pèse lourd sur la réserve ovarienne : plus les années passent, plus le stock d’ovocytes s’amenuise. Pourtant, ce phénomène ne se limite pas aux femmes approchant la cinquantaine. Certaines rencontrent cette situation dès leur jeunesse, notamment en cas d’insuffisance ovarienne prématurée. D’autres facteurs entrent en jeu : traitements médicaux lourds, chirurgie, chimiothérapie, exposition à la pollution, habitudes de vie délétères ou maladies comme l’endométriose. La réserve ovarienne n’obéit pas à une seule règle.
- Comment est-il détecté ? L’évaluation de la réserve ovarienne repose sur des examens accessibles. Un rendez-vous chez le gynécologue suffit pour effectuer une échographie endovaginale, généralement programmée entre le troisième et le cinquième jour du cycle, afin de compter les follicules antraux présents dans chaque ovaire. Ce bilan est complété par une prise de sang mesurant différentes hormones clés : la FSH (hormone folliculo-stimulante), qui orchestre la maturation folliculaire, l’AMH (hormone antimullérienne), essentielle au développement des follicules, et l’œstradiol. Un taux de FSH élevé peut signaler une production d’ovocytes en berne, tandis qu’une AMH et un œstradiol élevés témoignent en général d’un stock d’ovocytes suffisant. Ces indicateurs tracent le portrait hormonal de la fertilité féminine.
- Qu’entend-on par faible réserve ovarienne ? On parle de faible réserve lorsque le nombre d’ovocytes disponibles tombe à quatre ou moins par ovaire, ou à sept au total pour les deux ovaires. Un taux bas d’AMH vient souvent confirmer ce diagnostic. Ces critères, simples en apparence, cachent pourtant des réalités individuelles très variées.
- Comment cela affecte-t-il la fertilité ? Les chances de grossesse avec ses propres ovocytes diminuent, surtout après 40 ans. L’âge reste le paramètre qui fait basculer les probabilités. Une femme de moins de 35 ans avec une faible réserve conserve de meilleures perspectives qu’une quadragénaire. Pour celles qui n’envisagent pas encore de grossesse mais se situent autour de 30 ans, demander un bilan à son gynécologue permet d’anticiper et d’ajuster son projet de maternité.
- Je suis jeune, mais je ne planifie pas encore de grossesse. Dois-je prévoir la préservation des ovocytes ? La question mérite d’être discutée avec son gynécologue. Préserver ses ovocytes s’impose de plus en plus comme une option à considérer, surtout quand on est jeune et que la qualité ovocytaire est optimale. Prendre le temps d’en parler permet d’élargir ses choix futurs.
- Est-il normal d’avoir une faible réserve ovarienne à l’âge de 40 ans ? Voir sa réserve ovarienne baisser après 40 ans se constate fréquemment, mais cela ne signifie pas que toutes les femmes de cet âge sont concernées. L’évaluation doit rester personnalisée : chaque situation mérite d’être examinée de près, sans généralisation hâtive.
- Si j’envisage une grossesse et que j’ai ce problème, dois-je nécessairement opter pour la procréation assistée ? La réponse dépend de votre âge et de la cause identifiée. Si la faible réserve ovarienne résulte d’une chimiothérapie ou d’une insuffisance ovarienne précoce, la procréation assistée s’impose souvent. Sans conservation préalable d’ovocytes, le recours au don peut devenir incontournable. Si l’âge est le principal facteur, il convient d’évaluer avec son gynécologue les différentes alternatives et d’opter pour celle qui correspond à son histoire et à ses attentes.
- Une faible réserve ovarienne diminue-t-elle également le taux de grossesse FIV ? Le nombre d’ovocytes et d’embryons disponibles à chaque cycle de FIV est généralement plus bas, mais certaines femmes réagissent favorablement aux traitements de stimulation hormonale. Elles parviennent parfois à obtenir des ovocytes de bonne qualité malgré une réserve réduite. Cependant, l’âge influe sur le potentiel des ovocytes, le risque d’anomalies chromosomiques ou d’échec d’implantation augmentant avec les années.
- Est-il conseillé d’effectuer plusieurs cycles de stimulation ovarienne dans ce cas ? Aucun traitement n’a, à ce jour, démontré une efficacité certaine pour augmenter la réserve ovarienne. Les recherches se poursuivent, mais restent à un stade expérimental. La stimulation hormonale vise à maximiser le nombre d’ovocytes récoltés, avec des résultats qui varient selon les profils. Chaque femme devra donc bénéficier d’une évaluation personnalisée pour adapter la stratégie.
- Quand est-il conseillé d’opter pour le don d’ovocytes ? Cette solution s’envisage lorsque les ovaires ne produisent plus d’ovocytes utilisables ou lorsque leur qualité ne permet pas d’espérer une grossesse. Le don d’ovocytes offre un taux de réussite notablement supérieur, notamment après 40 ans : on atteint aujourd’hui environ 60 % de taux de grossesse, contre 30 % avec une FIV utilisant ses propres ovocytes. Pour bien des femmes, ce choix s’apparente à une seconde chance.
À 48 ans, la maternité se conjugue au singulier, entre volonté tenace et réalités biologiques. La science avance, les histoires personnelles s’écrivent autrement. Et sur ce chemin, chaque parcours reste unique, entre incertitude et espoir.

