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deadline: 15 décembre 06 tout en vrac pour le moment, le but de cette page est de permettre d'écrire un texte collectif. chaque auteur est présent dans l'historique du document et laissera sa signature à l'endroit prévu par l'éditeur, ici la revue terminal. Ce texte est son propre objet. La posture critique n'est pas nécessairement celle qui s'affiche comme telle l'artiste n'est pas le commentateur d'une réalité qui se déroule malgré lui. Comme acteur du développement des formes de réalités, son implication dans des processus d'emergences de formes plus que sa resistance à des formes emergentes est plus que jamais necessaire pour mettre à jour la réalité des postures critiques et les impostures des postures. Ce travail de démasquage nous conduit à appréhender des formes qui ne relèvent pas de l'art à priori, à développer des propositions actives et efficientes, qui ont des effets sur les formes, sur ce qu'elles contiennent et déforment autour d'elles, un impact sur le monde. Comment se servir d'un système en le condamnant tout en étant un acteur de ce système selon les mêmes logiques et les mêmes...ficelles ? L'exemple de la fausse exposition Nike sur la place (KarlsPlatz?) par le groupe d'activistes italiens (1) relève de cette pratique. Il s'agit ici d'appliquer les logiques du système que l'on critique afin de s'assurer d'une visibilité qui s'appuie sur la visibilité de la chose que l'on critique. Cette pratique de la critique est effectivement strictement critique et se borne à redoubler le message, à renforcer la boucle de rétroaction du système en pronant eventuellement sa transformation. On a dans cette affaire un double système autoréférentiel qui se renforce mutuellement: celui du capitalime mondial soi-disant condamné par le groupe de net.artistes à travers la firme nommée et re-designée (nike), et celui du net.art dans lequel le groupe d'artiste acquiert une position dominante. (2) D'ailleurs cette démarche artistique n'est elle pas seulement une forme actualisée du Pop Art lancé dans les années 1960 ? (3) Ce dernier utilisant les procédés mécaniques (4) de reproduction de son époque alors qu'aujourd'hui les artistes utilisent les procédés de reproduction numérisée (5) associés aux moyens de communiquer et de s'informer de leur temps. A l'opposé d'une telle démarche, les propositions alternatives et donc par définition non necessairement critiques puisqu'elles proposent et ne s'opposent pas necessairement, restent inaperçues, difficilement observables, tangentielles. Elles sont pourtant le réel fer de la critique en ce qu'elles la dépassent pour exister conjointement avec les modèles critiqués. On peut citer dans cette perspective Esthétique Relationnelle de Nicolas BOURRIAUD (6) : L’artiste se focalise donc de plus en plus nettement sur les rapports que son travail créera parmi son public, ou sur l’invention de modèles de socialité. Cette production spécifique détermine non seulement un champ idéologique et pratique, mais aussi des domaines formels nouveaux. Je veux dire par là qu’au-delà du caractère relationnel intrinsèque à l’œuvre d’art, les figures de référence de la sphère des rapports humaine sont désormais devenues des « formes » artistiques à part entière : ainsi, les meetings, les rendez-vous, les manifestations, les différents types de collaborations entre personnes, les jeux, les fêtes, les lieux de convivialité, bref, l’ensemble des modes de la rencontre et de l’invention de relations, représentent aujourd’hui des objets esthétiques susceptibles d’être étudiés en tant que tel, le tableau et la sculpture n’étant ici considérés que comme les cas particuliers d’une production de formes qui vise bien autre chose qu’une simple consommation esthétique.
Relations interpersonnelles face à l'écran (7) Internet permet de démultiplier les formes de "présence" ainsi que les types de comportements. C'est un espace ouvert à l'expérimentation de l'altérité (individus / programmes) ce qui nous renvoie à notre propre individualité. Cela met aussi en jeu, tant sur le plan individuel que collectif, des questions à propos des frontières entre l'espace privé et l'espace publique mais aussi des concepts tels que conscient / inconscient. Internet permet la création d’un foisonnement d'expérimentations qui interrogent ce milieu instable, les comportements possibles, les perspectives de développement. Avec le réseau internet la notion d'espace temps est garanti par l'interconnexion permanente des machines ce qui permet, à l'image du courrier, de s'exprimer dans des temps différés, mais permet aussi des échanges synchrones, ces deux formes relationnelles pouvant même être pratiquées simultanément. Cet espace temps prête d'autant plus à l'interprétation que chaque interlocuteur y est représenté par un objet, un signe, un code, faisant écran entre les interlocuteurs, il y a transposition, représentation, et donc matière à création de sens. Les dialogues entre les internautes sont des rencontres médiatisées, car les échanges sont indirects, ils se font par machines interposées. Les échanges sont soumis aux interpolations des actions de chacun (humains, machines), on est dans un dispositif qui induit la transformation du contenu, chacun est renvoyé à sa propre perception d'un contexte. La perception est une orientation (ap)portée par la singularité de l'expérience de chacun, le sens est matière à créer des repères pour nous représenter le monde. Le sens n'existe pas en soi, c'est un flux qui varie, c'est une source de création que l'on fixe temporairement pour construire notre cadre de perception dans notre rapport à l'autre, à notre environnement. On baigne dans le sens. La volatilité des données permet d'appréhender l'espace du réseau comme un milieu où la notion de temps structure une géographie mouvante des informations.. En temps que milieu en permanente actualisation, internet amplifie une certaine tendance à produire des rencontres éphémères par exemple Nomusic (8), des formes instables à l'image du Générateur Poïétique (9) ou encore à tendre vers la dispersion, une forme d'organisation basée sur la manière de lier ce qui est dispersé, qu'illustre trés bien FlickrMixr? (10). Autrement dit internet offre un potentiel de plasticité (11) pour générer et organiser les données numériques et les flux de ces données, c'est en cela qu' internet représente un véritable espace de création et de co-création. Pour s'orienter on dispose de la "lumière de l'écran" mais l''écran est ambivalent. Il est à la fois : un filtre, une limite entre deux espaces, un espace d'émission, un espace de réception, un espace de production. L'écran est un élément interposé entre deux formes de réalité, une zone commune, une zone de transition. L'écran est un élément qui dissimule, protège, ou permet l'apparition de "sensation", c'est à dire qu'il agit sur nos sens de la perception, il médiatise notre perception de la réalité. L'interface en tant qu' écran est la partie visible d'une réalité plus globale que l'on ne peut pas appréhender dans son entier. L'interface web matérialise une distance entre moi et les autres une distance inaliénable et égale entre chaque individu, une distance que l'on tente de parcourir par l'entremise d'artefacts que l'on propose comme moyen terme à la rencontre. Références : (1) http://www.0100101110101101.org/home/nikeground/story.html (2) On citera par exemple les copies systématiques réalisées en 1999 des sites net.art : Hell.com, art-Teleportacia.org et JODI.org. Hell a immédiatement menacé de poursuites pour violation de copyright. Cet acte a ouvert un vaste débat sur les questions de la commercialisation, de l'authenticité, du droit de copie, et de la nature profonde de l'art en ligne. Cette démarche a été poussée plus loin par le groupe dans le projet NikePlatz?, ou un monument public suggérait que la KarlsPlatz? avait été rebaptisée au nom de la célèbre marque. En réagissant négativement par voie juridique, Nike a fourni une nouvelle visibilité au groupe d'artistes. http://yann.x-arn.org/emap/texte4.html (3) Pop Art : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pop_art (4) L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée : http://hypermedia.univ-paris8.fr/Groupe/documents/Benjamin/Essai.html (5) L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction numérisée : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/21/25/PDF/sic_00000302.pdf (6) Extrait de l' Esthétique Relationnelle de Nicolas BOURRIAUD, Paris, Les Presses duRéel, 1998, pp. 26-29. (7) Interpersonal connectivity on the net : http://findthisbloganame.blogspot.com/2006/09/interpersonal-connectivity-on.html (8) Nomusic : http://www.nomusic.org/ (9) Générateur Poïétique : http://poietic-generator.net/wikini/wakka.php?wiki=Home (10) FlickrMixr? : http://anoptique.com/FlickrMixr (11) Plasticité : http://fr.wikipedia.org/wiki/Plasticit%C3%A9_%28philosophie%29 : Le concept de plasticité désigne, en philosophie, la faculté qu'a une forme de prendre forme, et de donner forme à son tour.
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